
Le lendemain, nous attaquons le programme prévu.
Après le petit déjeuner, au soleil, sur la terrasse de l’hôtel (une petite pensée pour nos compatriotes qui se gèlent pendant ce temps) nous montons dans le 4X4 et découvrons de jour le visage de la capitale. Notre chauffeur s’appelle Mohamed.

Première surprise, si nous circulons sur une voie parfaitement goudronnée, les rues adjacentes elles, sont en terre battue, et, de couleur rouge. Quelques bâtiments flambant neufs et apparemment luxueux alternent avec des constructions nettement plus sommaires, d’un ou deux étages maximum : souvent les devantures de magasins sont faites de bric et de broc, des panneaux publicitaires pouvant servir de cloison ; les étals divers et variés se succèdent le long des trottoirs, les vendeurs sont assis à coté des marchandises qu’ils proposent. Des femmes circulent à pied en portant des charges incroyables sur la tête. Une autre constatation, un nombre impressionnant de mobylettes et de motos. Mohamed nous explique que les prix défiant toute concurrence de ces engins chinois, ont permis à de nombreux Maliens de s’en équiper.
Nous avons deux rencontres programmées avec des personnes de la société civile malienne : Tout d’abord une entrevue avec Monsieur Moussa Keita, ancien ministre de la jeunesse et des sports, et frère du premier président du Mali, Modibo Keita. Il nous reçoit dans sa demeure à Bamako. Après une description des évènements marquants depuis 1960 (proclamation de l’indépendance du Mali) jusqu’à nos jours, il nous fait une analyse de la situation politique actuelle de son pays.
Après cela nous avons rendez vous avec Monsieur Amadou Seidou Traoré, libraire et éditeur qui nous accueille dans sa boutique. Monsieur Traoré est un homme d’un âge certain au beau regard malicieux, dont la vie engagée politiquement et les gros ennuis qui en ont résulté (10 ans de captivité), n’ont entamé ni le sens de l’humour, ni la vivacité d’esprit. Nous passons avec lui un moment très agréable à parler sur divers sujets : politique, économie, culture. La discussion avec lui nous offre des clés pour une découverte de son pays un peu moins superficielle.

Plus tard nous nous immergeons dans deux des marchés principaux de Bamako : le marché rose, et le marché des artisans.
Bruits, couleurs, odeurs, nous sommes assaillis de tous cotés. C’est vraiment un bain de foule inimaginable et un spectacle fabuleux.

Il me faut aussi parler de la chance que nous avons eu de pouvoir assister à l’une des étapes de la fabrication du textile typiquement africain appelé le bazin.
Sous une sorte de tente, dans la banlieue de Bamako, deux jeunes hommes, presque encore adolescents, tapaient en cadence avec un maillet de bois des coupons de tissus posés sur un billot, afin de les lustrer. Le bazin est un tissu damassé utilisé pour confectionner les boubous de fête. Quand il est de première qualité, il vaut très cher, autour de 10 000 FCFA le mètre.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire